Ankou : la Faucheuse Bretonne !

Dieux de la mort -

Ankou : la Faucheuse Bretonne !

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“Maro han barn ifern ien, Pa ho soign den e tle crena." Ça signifie en breton : "Mort, jugement, enfer glacé, lorsque l'homme y pense, il doit frissonner." Voici ce que l'Ankou dit aux êtres humains lors de son passage.

“War ma fé, eman zo un Ankou drouk." Qu'on traduit par "Sur ma foi, ce Ankou est terriblement cruel." C'est un Breton qui explique qu'il a eu beaucoup plus de décès que d'habitude, cette année.

L'Ankou est la personnification de la mort au coeur de la mythologie et du folklore breton. Il est reconnu au sein de la région française de Bretagne. Pourtant on lui retrouve des origines qui proviendraient de vestiges de l'ancien royaume éponyme, et même de l'héritage celte. Il est considéré comme un protecteur pour les défunts mais aussi comme un mauvais présage pour les vivants. Il a également inspiré de nombreuses œuvres et histoires modernes. D'ailleurs, si tu aimes te balader sur les routes sombres de la nuitée sait !

T-Shirt Grande Faucheuse

1) À Quoi Ressemble la Passeuse d'Âmes ?

Au début, l'Ankou était décrit comme un être chargé de perpétuer le cycle éternel alternant entre la vie et la mort. Afin de lier ces derniers, Il maniait un marteau, comme Sucellus, Dieu gaulois de la nature, de la vie et de la mort. Sa manière de procéder s'apparente aussi à Dagda, Dieu irlandais des druides et du pays des morts, ainsi qu'à d'autres divinités celtiques aux attributs similaires.

Dieux de la Mort : Sucellus, Dagda, Ankou

Mais au fil des siècles, l'Ankou est devenu uniquement associé à la Mort et a été progressivement assimilé à un psychopompe ressemblant à la Grande Faucheuse que l'on connaît tous.

Son nom serait le pluriel de "anken", qui signifie "angoisse" ou "chagrin" en breton. D'ailleurs, certaines chansons populaires le décrivent comme en étant le père. Une autre interprétation le lie à "ankouaat" ("oublier"). Il est connu sous le nom d'Anghau au Pays de Galles et d'Ankow en Cornouailles (une ancienne division de la Basse-Bretagne).

L'Ankou est présent dans de nombreux contes issus de la tradition, qui se racontent, ce qui implique que son aspect varie d'un conte à l'autre. Il se déplace debout dans une charrette grinçante, comme celles utilisées au Moyen-Âge, pour rassembler les cadavres. En effet, c'est ce qu'il fait avec les âmes mortes (appelé Anaon en breton).

Il est toujours décrit comme un personnage grand et mince vêtu de vêtements bretons noirs, portant un grand chapeau de feutre qui cache son visage. Il brandit une faux, dont la lame est tournée vers l'extérieur pour frapper en avant au lieu de moissonner, qui brille sous le clair de lune.

Chapeau de l'Ankou

On dit parfois de lui qu'il ressemble à une ombre vivante avec une silhouette d'homme, parfois comme étant un squelette portant un linceul. Sa tête tourne toujours comme une girouette, de sorte qu'aucune mort ne puisse échapper à sa faux. Certains décrivent son visage hideux, sans nez, avec des orbites vides révélant des bougies blanches. Bien que son portrait le plus courant reflète un homme grand et maigre, sans âge, aux longs cheveux blancs et au visage hagard et décharné, portant une cape ou un manteau noir.

On dit que sa charrette est tirée par deux chevaux, l'un en parfaite santé et l'autre maigre et malingre. Pourtant, certains parlent de quatre chevaux, et d'autres d'un seul qui a l'air plutôt maigre. L'Ankou serait également suivi par deux figures fantomatiques marchant à côté de son chariot, guidant ses chevaux et l'aidant à transporter les âmes mortes.

Charette de l'Ankou

2) Le Serviteur de la Mort

L'Ankou ne se promène sur les routes de Bretagne que la nuit, mais il se manifesterait à travers des statues à son effigie dans les cimetières. Il a le contrôle total des âmes des défunts, qui dépendent de lui, et les conduit dans des processions sacrées. On dit qu'il dirige les Monts d'Arrée dans le massif armoricain et qu'il a de l'influence de l'autre côté du voile de la mort.

Malgré cela, il est plus considéré comme étant le valet de la mort plutôt que la mort elle-même. C'est une sorte de mort-vivant qui doit protéger les âmes des défuntes. Il doit les conduire dans l'au-delà pendant une période définie, avant de rejoindre lui-même l'au-delà à son tour. On dit quelques fois qu'il y a plus d'un Ankou, un pour chaque paroisse.

Ankou Bretagne

3) Qui est l'Ankou ?

Bien que l'Ankou soit toujours décrit comme un homme adulte, le rôle est attribué au dernier mort de l'année (parfois par le premier) qui doit veiller sur sa paroisse jusqu'à son remplacement. Lorsqu'il est décrit comme le dernier mort de l'année, on dit que les premiers deviennent ses fantômes acolytes. Une autre source moins courante affirme que l'Ankou était un prince tyrannique. Il aurait perdu un défi lancé par la Mort et a été condamné à une éternité de servitude.

Les gens qui partent au bord de la mer parlent du "Bag Noz", le bateau de la nuit, conduit par le dernier noyé de l'année. Il parcourt les mers la nuit pour recueillir les âmes des noyés et les conduire dans l'au-delà, exactement comme le fait l'Ankou sur terre. On dit qu'il apparaît là où un évènement sinistre est sur le point de se produire. La forme du bateau n'a jamais été décrite. Son équipage émet des lamentations déchirantes, mais disparaît dès que quelqu'un s'approche trop près.

Bateau de Nuit

L'Ankou ne porte jamais malheur à personne. Il est toujours poli, surtout envers les personnes qu'il est venu chercher, et même lorsqu'il est en colère, il se contente de réprimandes sévères. Il ne fait que suivre son devoir sans se soucier des supplications, ni des promesses de récompense. La mort ne peut être échappée, quels que soient nos efforts, l'Ankou ne manque jamais de le rappeler à tous ceux qu'il rencontre.

Ankou Recueille l'Âme

4) Rôle dans le Folklore Breton

On dit que l'Ankou erre dans les cimetières, veillant sur les âmes mortes qui y résident. Lorsque son chariot est vide, il le charge de lourdes pierres. Puis il en enlève quelques-unes à chaque fois qu'il accueille une âme. Ainsi, on pense qu'en entendant le bruit d'une pierre qui tombe lors d'une veillée funéraire, on sait que l'Ankou prépare son chariot pour l'âme du défunt. Certains disent aussi qu'il aiguise sa faux sur un os humain.

L'Ankou est le gardien protecteur des morts, mais aussi un présage de mort et un symbole de la peur de mourir pour les vivants. On dit qu'il frappe à la porte des maisons dans lesquelles quelqu'un est sur le point de mourir. Il émet parfois un avertissement, ou un gémissement menaçant semblable à celui d'une banshee. Il utilise rarement sa faux pour opter les vies, car sa simple présence est bien souvent mortelle.

Banshee Mort

Dans la plupart des contes, lorsque l'Ankou rencontre des gens, il leur rappelle simplement (quoique de façon inquiétante) que la mort est inévitable pour tout le monde, quels que soient l'âge, la richesse ou le pouvoir politique. Dans des récits plus sombres, le voir, lui parler ou simplement croiser son chemin condamne les gens à une mort imminente. Ceux qui entendent son chariot grincer sont censés mourir ou perdre un être cher très bientôt. Plus le grincement est proche, plus l'heure du décès l'est. 

La légende voudrait que l'Ankou attende dans chaque maison pour réclamer la vie du premier être vivant qui y entre, que ce soit un animal ou un oeuf sur le point d'éclore. C'est pourquoi, dans la commune bretonne de Quimperlé, il est de tradition de sacrifier un coq et de répandre son sang sur les fondations de chaque maison en construction.

La veille de Noël, que les Bretons appellent la "Nuit des Merveilles", l'Ankou erre anonymement parmi la foule qui assiste à la messe de minuit. Puis il frôle tous ceux qui vont mourir avant le Nouvel An.

Messe Ankou

Cependant, la mort qu'inflige l'Ankou n'est pas toujours de mauvaise augure. Dans la plupart des contes, ceux qui l'ont rencontré ont suffisamment de temps pour organiser leurs dernières affaires et successions avant qu'il ne vienne réclamer leur vie. Certains disent même que l'Ankou ne se montre qu'à ceux qui sont sur le point de mourir, et que le voir est un avertissement plutôt qu'une fatalité.

5) Les Contes sur la Légende de l'Ankou

A. La Route Bloquée

Dans ce récit, trois frères rentrent chez eux le soir, après une fête et, étant assez éméchés, décident de faire une farce à une voiture qui emprunte la route voisine, en la bloquant avec un arbre mort. Plus tard dans la nuit, ils sont réveillés par quelqu'un qui frappe violemment à leur porte, qui leur ordonne d'aller enlever l'arbre qui bloque le chemin. Il sait que ce sont eux qui l'ont mis là. Puis les trois frères ouvrent la porte mais ne trouvent rien. Pourtant, ils ne peuvent pas la fermer, même s'ils font de gros efforts. Ils demandent qui est là et ce qu'il veut, et entendent une voix menaçante qui leur ordonne de retourner sur la route qu'ils ont bloquée.

Chevaux de l'Ankou

Les frères effrayés obtempèrent sans poser de questions. Ils découvrent alors que l'étranger n'est autre que l'Ankou lui-même. Il leur déclare alors que puisqu'il a perdu une heure de son temps à cause de leur farce, ils mourront tous une heure plus tôt. Il ajoute qu'ils ont de la chance d'avoir obéi immédiatement, car sinon, ils lui auraient perdu un an de leur vie pour chaque minute qu'il aurait fait perdre à l'Ankou avec leur farce.

Il existe une variante de ce conte dans lequel trois frères (ou amis) ivres rentrent chez eux le soir et tombent sur l'Ankou, qu'ils ne reconnaissent pas. Deux d'entre eux commencent à insulter l'étranger et lui jettent des pierres jusqu'à ce que l'un d'eux brise un rayon d'une roue de sa charrette. Pendant que les deux s'enfuient, le troisième, honteux des actions de ses camarades (et des siennes aussi), coupe une branche d'arbre et la donne à l'étranger pour qu'il puisse réparer sa charrette. Puis il donne également ses lacets de chaussures pour l'attacher. Au matin, les deux premiers sont retrouvés morts tandis que les cheveux du troisième sont devenus blancs.

B. La Charrette de la Mort

Ankou Charrette

Ce conte raconte l'histoire d'un jeune homme qui, une nuit, reconnaît le grincement de la charrette de l'Ankou. Mais au lieu de s'enfuir, il décide de se cacher pour voir de ses propres yeux le présage de la mort sans se faire remarquer. Alors que la charrette passe à proximité, un rayon de ses roues se brise et l'Ankou ordonne à l'un de ses assistants fantômes d'aller chercher une branche dans le buisson où se cache le jeune homme pour la réparer. L'Ankou ne remarque pas le jeune homme, mais ce dernier paie quand même le prix de son audacieuse curiosité, car il attrape une fièvre et meurt le lendemain.

C. L'Ankou et le Forgeron

Ce récit parle de Fanch ar Floc'h, un forgeron habile qui travaille constamment, car il accepte toujours plus de tâches qu'il ne peut en accomplir. Pendant la veille de Noël, il décide de ne pas assister à la messe de minuit pour terminer sa tâche la plus importante. Il demande à sa femme et à ses enfants de prier pour lui, et ils l'avertissent qu'il doit à tout prix avoir cessé de travailler avant que les cloches ne sonnent l'heure de minuit, de peur qu'il ne soit maudit.

Malheureusement, Fanch est tellement absorbé par sa tâche qu'il n'entend pas la cloche et continue à travailler. Puis, un étranger vêtu de noir, dont le chapeau cache le visage, frappe à sa porte et l'informe que la cloche a déjà sonné. L'étranger demande à Fanch de réparer sa faux. Fanch s'exécute bien qu'il se demande pourquoi sa lame est tournée vers l'extérieur, sans obtenir de réponse de l'étranger distant.

Ankou et le Forgeron

Lorsque ça a été fait, l'étranger se révèle être l'Ankou, venu réclamer la vie de celui qui a négligé la Nuit des Merveilles. Comme Fanch a réparé sa faux, l'Ankou lui permet d'attendre le retour de sa famille pour lui dire au revoir et demander la présence d'un prêtre, avant de revenir lui prendre son âme.

Si jamais l'envie te prendrait de rendre hommage à la légende de l'Ankou qui rôde toujours parmi nous, tu peux voir nos meilleures bagues à l'effigie de cette légende vivante (ou morte) !

Bague Faucheuse Ankou


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